07 octobre 2008

Kyrie

autres-paysages-vesoul-france-1359606395-1163833.jpg

Il n’y a

Ni foules ni cris.

Le regard, fébrile,

Doucement s’élève.

 

Kyrie eleison

 

Solitude

Belle et suave,

Aux frissons chauds,

Qui sans cesse ravive.

 

Kyrie eleison

 

Il faut à l’esprit

Son jardin, fait d’espace

                                Et d’attente.

29 septembre 2008

Paisible

Nous n'avions pas

             Comme eux

                     De larges épaules.

Nous n'étions pas

             Grands et forts,

Nous n'avions

                 Rien.

 

Nous n'avions pas

               Comme eux

                       De larges sourires

Nous n'étions pas

                 Eclatants,

Nous n'avions

                Rien.

 

Nous n'avions

          Que la voix

              Que le souffle

              Intime

              Et profond.

27 août 2008

Visée

On ne manque pas

                  De brûler

Sous les voiles de la Destinée,

Sans lignes et sans repères.

La vocation se tait

           Sur un lendemain

                           De hasard.

 

Les portes sont d'une infinie

Grandeur

A qui sait les voir

           A qui les sait

                   Ouvertes et

                        Lumineuses.

 

Dieu!

Seuls et sans visage,

Il existe des hommes

        Dont nous ne savons pas

                                    S'ils voient.

 

Mille fois rompu,

       Mille fois refait,

            Le Regard est pourtant

                                 Sans bornes.

17 août 2008

Où es-tu ?

Sombres et peureux

Cherchant sans cesse

                  Francs

                  Lisses

                  En effort,

Doucement nous allions

Vers les berges

         Pour mendier.

 

Où es-tu ?

J’ai eu peur

       Car je suis nu,

              Et je me suis caché.

 

Nos cris sourds

              Et discrets,

S’allongeaient.

              Orphelins,

                     Tendus vers

                             Le silence,

Avec nos mains offertes,

Nos cris sourds,

               Et discrets

                      Semblaient

                               Se perdre.

 

Où es-tu ?

J’ai eu peur

       Car je suis nu,

              Et je me suis caché.

11 août 2008

En écrivant

En écrivant
      Il n'y avait ni gêne
                        Ni sottises.

Dans la plume
         Sous les doigts
         Tout restait.

Et l'esprit plastique
        Angélique et décidé
        Avait élevé
                  Le trait et la lettre.

En écrivant
      Il n'y avait ni gêne
      Ni sottises.

 

23 juillet 2008

Traînes

 

Le chemin se poursuit
Mais on ne sait
                 S'il court
Jusqu'au milieu
             Des collines
                          Vertes
                                Et blondes

Que les vents pressés,
Sans trêves, sans fatigue,
Dessinent encore
Comme les mains de celui
A qui elles manquent.


Allant au Ciel, les haies
Vives et bruissantes
Comme un feu,

Retrouvent
            Le bleu
                  En une voûte
                                Sacrée.

De loin On nous voit
                        S'enfouir
Dans le terre,
Avançant dans les champs
Vers de nouvelles
Nourritures.


Donnée en pâture
Aux vents chargés
D'avoine et de blé,
La tête, sous l'abri,
Reçoit du filtre
           L'exception
                    D'un cœur
                               Purifié.


Traînes :
Une chaleur en fines poussières
Et le corps dans l'Endroit.

 

22 juin 2008

Confiance

 

En eaux ternes de la ville,

Suivant le chemin des pas

On veut se changer

Par désespoir.

 

Plus bas

Plus loin que les pas,

Avoir l’allure

                Et le fond

D’un retiré.

 

Mais refuser

Quand l’Or est donné

Et la main élevée,

C’est défaire

Et mourir aussi.

18 juin 2008

El nombre conseguido de los nombres

Si yo, por ti, he creado un mundo para ti,
dios, tú tenías seguro que venir a él,
y tú has venido a él, a mí seguro,
porque mi mundo todo era mi esperanza.

Yo he acumulado mi esperanza
en lengua, en nombre hablado, en nombre escrito;
a todo yo le había puesto nombre
y tú has tomado el puesto
de toda esta nombradía.

Ahora puedo yo detener ya mi movimiento,
como la llama se detiene en ascua roja
con resplandor de aire inflamado azul,
en el ascua de mi perpetuo estar y ser;
ahora yo soy ya mi mar paralizado,
el mar que yo decía, mas no duro,
paralizado en olas de conciencia en luz
y vivas hacia arriba todas, hacia arriba.

Todos los nombres que yo puse
al universo que por ti me recreaba yo,
se me están convirtiendo en uno y en un
dios.

El dios que es siempre al fin,
el dios creado y recreado y recreado
por gracia y sin esfuerzo.
El Dios. El nombre conseguido de los nombres.

Juan Ramon Jimenez,  Dios deseado y deseante (1949)

03 juin 2008

Participation

Libre et lente
Venue, au long du clocher,
Vers la rainure du Ciel,
De la joue contre
Le souffle.

Comme languit une biche
Après les eaux vives,
Ainsi languit mon âme
Vers toi, mon Dieu.


Entre mes doigts l’eau
Chaude, épaisse,
Divise en elle, doucement,
L’effort des mains
Qui se joignent.

Vois :
Je dors, mais
Mon cœur veille.

24 mai 2008

Onction

 

Voici les blés

Pliant en courbes fines.

En gouttes lourdes

                 Fraîches

                 Aimées

Comme l’huile

Coule au bord

                De la coupe.

Toutes les notes