27 juillet 2009

De la Bretagne

Nous ne savons pas si c’est de toute la Bretagne que vient ce grand souffle de richesse, de bonté et de beauté patrimoniale. Dans le golfe du Morbihan, l’île d’Arz présente une communion paisible entre la mer et la terre : les sentiers dépouillés offrent aux visiteurs un spectacle tant naturel que spirituel. Vers Quiberon, sur la côte, le mauvais temps est précieux : il en va du style même des lieux. Les bords rocheux armés contre de vagues anarchiques fascinent par leur vertu poétique. On a l’impression que les vents et les courants, là, se rencontrent.

Mais tous ces lieux ouvrent vers plus intrigant encore, comme les îles d’Houat et de Hoëdic, auxquelles le couple Pecquart donnèrent une histoire, grâce à de fameuses découvertes archéologiques.

Partout, la Bretagne semble bercée d’une sérénité immense. En remontant vers Concarneau, la mer se heurte aux remparts de la ville close, où les petites boutiques  attirent le promeneur avide de tous ces charmes. Puis enfin, Quimper, non loin de l’Atlantique, dresse sa belle cathédrale Saint Cornély. Autour d’elle, lors des fêtes de Cornouaille,  cornemuses et bombardes séduisent facilement.

Il s’agit donc bien d’une terre fascinante où l’on sent battre un grand cœur : la Bretagne se donne toute entière dans chacun de ses villages, sur chacune de ses plages et sur de nombreux visages. 

19 juillet 2009

Les viellistes, XII : Finesse de Jean-Claude Laporte

jean_claude20.jpg           La vielle, instrument en pleine mutation, connaît aujourd’hui de véritables génies : de Gilles Chabenat à Grégory Jolivet, de multiples instrumentistes ont su renouveler la pratique de l’instrument et imposer des styles particuliers. En sens contraire,  certains viellistes sont restés fidèles à un répertoire traditionnel maintenant centenaire, et s’efforcent de rendre avec la plus grande finesse les airs anciens hérités des maîtres puis de composer dans cet esprit. Jean-Claude Laporte (né en 1944), élève de Gaston Guillemain, est un des grands noms de la vielle traditionnelle. Son jeu, moyennement gras et surtout virtuose, offre un doigté très fleuri et dansant. Le détaché de Laporte, toujours enveloppé, s’apprécie sur les valses et autres airs à trois temps. Lors d’un Festivielle, chaque année au Châtelet-en-Berry, Laporte jouait Cerisier rose et pommier blanc, et nous livrait alors le répertoire musette auquel l’instrument s’est plié au milieu du XXème siècle. L’écrivain Nancy Huston définissait ainsi le musicien : « C'est bouleversant quand on y pense : à lui seul, Jean-Claude Laporte relie deux siècles de musique berrichonne ! En aval, c'est de Gaston Guillemain, né en 1877, qu'il a appris ses tout premiers morceaux et en amont, il en compose aujourd'hui pour ses petites-filles, qui vivront sans doute jusqu'à 2077 ! »

 

Nous écouterons P’tit Louis, composition de Jean-Claude Laporte extraite de Coup de 4, Passerelles (2007).



16 juillet 2009

Paysage d'enfance

D’ici nous la voyons qui monte

       Dessous les blés or et frais

               Comme avant le soir.

 

La terre, dos rond et nue pourtant,

          Se donne aux yeux ardents,

               Convertis à la mémoire.

 

Et le chemin stridule, lance

   Des trilles infinis et noirs,

            Mauves et moirés

 

Jusqu’au soleil, là-bas, étouffant.