24 mai 2008

Onction

 

Voici les blés

Pliant en courbes fines.

En gouttes lourdes

                 Fraîches

                 Aimées

Comme l’huile

Coule au bord

                De la coupe.

17 mai 2008

Premiers recueillements, VI "Enracinement"

 

La plaine y est

Comme lisse et long

Tapis du pas encore.

Après les bouchures, on

Estime, perdu et

             Certain

             Vivant

             Maître,

Que l’eau ne coule

Pas pour l’éternité.

 

 

Derrière, au loin,

La terre n’est pas la terre

Le roc est imaginaire

Le Lieu n’a pas de fin.

 

 

La plaine y est

Comme lisse et vont

Les oublis, les aurores.

Après les traînes, on

Sublime, bien obligé

               Triste

               Tremblant

               Souffrant,

L’exil au creux du cœur

Par un souffle enraciné.

 

 

Devant, d’où l’on part,

La terre est la terre

Le roc est le même

L’Endroit est sans fin.

14 mai 2008

Pluie

Pluie,

Grosse et froide,

Dans la brume efface,

Ton cœur nu.

 

Pluie,

Lisse, chaude, émue,

Jamais descendue

Sur ton heur.

 

Pluie.

Pleure.

06 mai 2008

Premiers recueillements, V "Retrait"

 

Autour des grands champs

Rabattant

            La terre

                  Les pluies,

De hauts cieux resserrent

En leurs bras ardents

Des sols d’Evangiles.

 

 

Courbées et farouches

Couvert

        De pierres

              De branches

Les mains pleines d’hivers

Et d’interdites bouches

Se cachent.

 

28 avril 2008

L'esprit et l'odeur

En 1921, Lavelle présentait sa thèse principale de doctorat La dialectique du monde sensible, devant Brunschvicg et Robin, peu propices à une telle philosophie intuitive. Dans le chapitre VI intitulé « Déduction de la qualité », le philosophe développait par l’analyse des odeurs, la participation étroite de la nature à la révélation du moi. Voici le paragraphe 366, savoureux passage sur les parfums :

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                   La dialectique du monde sensible, Strasbourg, 1921, p. 153.