16 décembre 2008
Nature du poème
Les poèmes sont semblables à des « cristaux déposés après l’effervescent contact de l’esprit avec la réalité ». C’est cette belle expression de Reverdy qui, selon nous, donne à la poésie toute sa signification. La métaphore fait du poème un résidu, un reste, l’effet d’un acte : la réification d’une pensée, d’une correspondance inouïe. Ainsi, nous comprenons que le plus improbable n’est pas « l’effervescent contact de l’esprit avec la réalité » mais le résultat hasardeux de cette rencontre : le poème échappe au poète, s’invente et se déploie.
Face à cette destinée du poème, il ne s’agit pas maintenant pour l’auteur de composer des vers, mais de lancer l’idée, de dire l’essentiel en un geste ample et simple, comme une esquisse.
Voici le point du jour
Voici la tête grise
Le masque de la nuit tombe dans les étangs
Et la figure rit
Le soleil dans les cimes
- sous les coups du sort
Les vagues ruines
La mer délabrée
Et le tour qui lime
Détend les ressorts[1]
Dépouillé, ne donnant à lire que le lien admirable qu’il existe entre ce monde et l’esprit, le poème n’est plus qu’une forme vivante et autonome, tissée d’images innombrables, comme autant de résonnances et d’échos produits par le fiat du poète.
23:33 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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