06 novembre 2008
Pourquoi faire des chroniques sur les viellistes ?
Au XXIème siècle, la vielle est un instrument singulier : bête curieuse appartenant au folklore, elle devient l’instrument qui s’est métamorphosé sans que l’on sache vraiment bien à partir de quoi il y eut métamorphose. Le détaché reste la particularité qui, plus encore que la roue, cause encore du tort à l’instrument. Mersenne, au XVIIème siècle se battait déjà pour combattre les critiques visant le « crin-crin » de la vielle, qui lui ôtait du raffinement.
Ainsi, l’ère de l’électroacoustique, avec ses douces sonorités et son détaché net et précis, pourrait dispenser le joyeux musicien d’un passage sur sa vieille amie acoustique et ses innombrables caprices. Heureusement, même si nous croyons fort qu’il en sera bientôt ainsi, l’heure n’est pas encore venue et la vielle traditionnelle a encore de beaux jours devant elle. La sonorité puissante et douloureuse, le bourdon tendu sur la mélodie, donnent à la vielle une force d’émotion incomparable : joie ou mélancolie. Il faut écouter Jolivet pour avoir envie de danser ; goûter les chanterelles d’André Dubois pour faire couler vos larmes. Il faut tendre l'oreille vers ces musiciens capables de témoigner de toutes les possibilités de cet instrument. Au jeune « vielleux », Dubois s’adressait en ces termes : « A mesure que tu prendras de l’âge, tu auras le souci de mieux faire chanter ta vielle avec des morceaux plus calmes et mieux choisis ». Voici bien une leçon de sagesse, dans laquelle la musique ne peut devenir un chant que si l’on fait corps avec son instrument. La vielle y invite.
Nous jouons ici la Valse nouvelle de Patrick Bouffard :
22:13 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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